Vélo, un vrai moyen de transport alternatif ? Les freins structurels

Vélo, un vrai moyen de transport alternatif ? Les freins structurels

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(Vélo récupéré et relooké par Elvire Toulorge – Si en voulez un tout beau comme cela, contactez-nous, on transmettra!)

A l’occasion de la Semaine de la mobilité et de la sécurité routière 2009 du 16 au 22 Septembre 2009, nous étions convié à une réunion organisée par l’association ADAV et la ville d’Hazebrouck Droit au Vélo en compagnie de M. Vélo du Nord Pas de Calais dont l’objectif était de sensibiliser les collectivités et les citoyens à l’usage du vélo. Très intéressant.. Nous en tirons surtout comme point principal que la pratique du vélo est structurellement limitée: accessibilité, sécurité des biens (vol de vélos) et sécurité physique restent le souci majeur à l’utilisation quotidienne du vélo! Synthèse de notre réflexion et retour d’expérience…

4% des français utiliseraient quotidiennement leurs vélos
Oui il y a les adeptes du vélo, ceux qui par passion, loisirs, militantisme prennent le vélo! Selon Damien DEKEISTER, M. Vélo dans le Nord, c’est environ 4% de la population qui utilise le vélo au quotidien. Et puis il y a le reste de la population qui pour beaucoup hésite à franchir le pas.

Et il est important de distinguer l’usage du vélo en tant que loisirs et son usage en tant que moyen de transport au quotidien. A part les grandes villes de France qui ont impulsé une forte politique pro-vélo à l’instar de Paris avec le Vélib, Lyon avec le Vélove, Strasbourg…, l’usage du vélo en France reste très limité.

Et en voici notamment quelques raisons, côté citoyen:

1°) L’aspect sécurité sur la route: Lors du rassemblement, une mère témoigne qu’elle ne se sent pas en sécurité sur la route, tout simplement à cause des voitures. En effet, en vélo, on est plus vulnérable (contrairement en 4×4 ou dans un poids lourd, où on a une sentation de pouvoir). La cohabitation vélo-voiture ne fait pas bon ménage, surtout si les voies vélos ne sont pas sécurisés. Cela nécessite donc une volonté politique d’aménagement de la ville qui donne place à d’autres modes de transport que la voiture.

Cette jeune mère s’inquiète pour son garçon, c’est normal. On sent tellement vulnérable face à des véhicules. Que nous apprenne les statistiques?

Pour l’Organisation mondiale de la santé, près de la moitié des 1,27 million de tués dans un accident de la route chaque année dans le monde sont des piétons, des motocyclistes et des cyclistes. Logique, puisque ce sont les usagers les plus vulnérables…

Cependant ces chiffres sont à relativiser, quand on regarde dans le détail, à Paris, quand on prend le nombre de blessés, blessés graves ou tués cyclistes : en 2008, les cyclistes sont la catégorie qui sont la moins touchée, loin derrière les 2 roues moteurs et les piétons (après ceux qui sont en voiture). [Edit du 26/09/09]. Source: Préfecture de Paris.

Le vélo, statistiquement, parlant n’est pas le moyen de transport le plus risqué. C’est la sensation de vulnérabilité à côté des voitures qui semble être surtout un frein pour certains, qui peut être diminué par le développement de voies vélos séparés ou la limitation de la vitesse pour les automobiles dans les passages à risque.

2°) L’aspect sécurité « vol » du vélo: Prendre son vélo, certes c’est bien mais parfois on peut avoir des désagréables surprises: vol du vélo complet ou en partie (la selle, les roues, les accessoires). A la différence de la voiture, point de protection extérieure, le vélo est quasi nu devant un voleur qui usera de stratagèmes pour prendre votre vélo.

Il faut alors investir dans du bon matériel de sécurité, si l’on veut garder son vélo (antivol en U, etc.). Quand bien même parfois, Agnès pourra témoigner que le vol de son vélo ne l’a pas vraiment aidé à se remettre au vélo. Le vol du vélo peut être vécu comme un traumatisme psychologique et on le comprend!. Si c’est pour se refaire piquer son vélo à nouveau ou se le faire démonter! Ca peut calmer les ardeurs des plus motivés d’entre nous. D’ailleurs à la sortie de notre réunion de l’ADAV à Hazebrouck, Stéphane s’était fait piquer sa selle!

D’où ici pareil la nécessite d’aménager des parkings surveillés pour vélos ou d’inventer un système intelligent qui nous permettrait d’enlever le souci de savoir si l’on va retrouver son vélo ou pas, au parking, à la gare, après le travail.

Transpole, transporteur de la région lilloise a ainsi développé les Vélopoles, espace de gardiennage vélos pour les détenteurs d’un titre de transport). Etant donné que les parkings vélos sont quasi inexistants… les vélos se retrouvent un peu n’importe où dans la rue, à la vue de tous et accessibles par tous.

Cela nous semble 2 freins énormes (sécurité physique, sécurité matériel) qui sont essentiellement liées à la façon dont nous avons aménagé la ville, un environnement qui structurellement a été conçu pour un usage de la voiture. De ce fait, il ne peut y avoir développement de l’usage du vélo, sans derrière concevoir et aménager la ville pour y accueillir le vélo.

De ces 2 axes: « sécurité physique » et « sécurité des biens » découlent de nombreuses conséquences qui nécessitent une réorganisation de la ville, ce qui donc a un coût économique.

3°) Accessibilité et disponibilité: Ayant un RDV sur Lille, nous regardions les solutions de location de vélos en gare de Lille (Chti Vélo, Vélopole ). Le premier: l’agence n’ouvre pas avant 9 heures, ce qui fait que pour un RDV à 9h10, pas idéal. Le deuxième: pas de point vélo près de la gare.

Bien que l’agence affiche « aller au travail au vélo », vu les horaires… c’est pas vraiment idéal, enfin sauf si on travaille tard et qu’on rentre tôt (fermeture de l’agence à 17 heures).

Concernant la possibilité de prendre son vélo, … l’idée nous a traversé l’esprit. Mais dans le train SNCF aux heures de pointes pendant 3/4 heure, cela ne le fait pas vraiment. Et après quid de la sécurité du vélo, une fois sur place… (faut pas être parano certes mais pas non plus être Miro).

Bref pour une première tentative, ce n’est pas vraiment encourageant.

Conclusion: Les adeptes du vélo ont déja franchi le cap en ville. Pour ceux qui ont une ville proactive en matière de vélo (Paris, Lyon, Strasbourg…), le vélo fait désormais parti du quotidien (quoi que depuis peu). Mais pour la majorité d’entre nous, bien que l’idée nous séduise, il y a des obstacles qui ne facilitent pas les choses. Et dans ce genre de situation, tout le monde se rejette la faute: la poule ou l’oeuf? D’un côté, les élus/collectivités qui attendent qu’il y a un peu plus de pratiquants de vélo et de l’autre les citoyens qui attendent que cela soit un peu plus sécurisé pour pratiquer.

Bref, il est sûr qu’avec ce type de position, les choses n’avanceront pas. D’où la nécessité d’agir auprès des collectivités et des associations. Et pourtant, l’implantation du vélo est une réelle opportunité pour les collectivités en terme de santé publique, d’attractivité touristique, de qualité de vie… notamment en ville.

Plus d’informations,
Les 2 roues, l’une des catégories d’usagers les plus vulnérables …par M. Vélo [PDF]
Association Droit au Vélo
Semaine de la Mobilité et de la sécurité routière 2009

Autre article qui peut vous intéresser: Comment j’ai laissé ma voiture au garage, par Olivier.

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